Les fleurs artificielles, création, imitation et logique de domination

les fleurs artificielles, création, imitation et logique de domination

Publié le mardi 17 mai 2016

Auteur : Michael LUCKEN

Collection : AsieS

Champs disciplinaire : Sciences humaines et sociales

Date de publication : 23 mai 2016

Nombre de pages : 278 p.

ISBN (Édition imprimée) : 9782858312702

ISBN électronique : 9782858312696

Langues : français, anglais, 日本語

Diffusion : OpenEdition Books

Auteurs

LUCKEN Michael, professeur des universités, CEJ, Inalco

Résumé


L’image de Japonais imitateurs possède une longue histoire : en Europe, elle émerge au XVIIIe siècle et a connu jusqu’à récemment différentes phases caractéristiques. Bien que liée à la modernisation, cette histoire n’éclaire pas uniquement la rencontre du Japon avec la culture européenne, elle est aussi le miroir des conceptions de l’art en Occident où des contremodèles étaient nécessaires afin de soutenir l’idée que la création est la valeur suprême. La première partie de ce livre a pour objectif de montrer, à travers les discours sur le Japon, comment et pourquoi à l’époque moderne la question esthétique de l’imitation est au cœur des rapports de domination symbolique entre les cultures et, plus largement, entre les hommes.

Les Japonais n’ont pas été passifs face à cette situation. Ils ont assimilé et réemployé ce discours, vis-à-vis de la Chine notamment, et essayé d’y réagir, que ce soit par le déni, la réactivation de savoir-faire locaux ou l’invocation d’un esprit national. Toutefois, bien qu’ils aient rejeté la plupart des dispositifs uniquement mimétiques, ils n’ont pas accepté une attitude purement subjective vis-à-vis de la création, ce qui se manifeste par un goût pour tout ce qui, de la matière, ne peut être sublimé, comme la terre ou les os.

L’analyse d’œuvres majeures du Japon moderne et contemporain comme Vivre de Kurosawa Akira et Le Voyage de Chihiro de Miyazaki Hayao a pour but de montrer, comment de grands artistes japonais du xxe siècle ont fait travailler ensemble les notions de création et d’imitation, et comment ces approches alternatives, qui s’opposent à une vision héroïque et désocialisante de l’auteur, permettent d’assumer, autant que possible, la mort dans la vie.

Abstract

Japanese as imitators is a long-standing stereotype. In Europe it appears in the 18th century and follows different typical steps up to nowadays. The history of this narrative, which is related to modernization process, does not only shed a new light on Japan’s encounter with European culture, it also reflects the conceptions on art in the West where counter-models were necessary in order to sustain the idea of creation’s superiority. The first part of this book intends to show through the analysis of Western discourses on Japan how and why the aesthetical problem of imitation lies at the core of a whole network of symbolic domination between cultures and, beyond, between people.

Japanese didn’t stand passively when confronted to this situation. They have not only tried to oppose European discourse on imitation in a number of ways, including by explicit rejection, revival of traditional know-how, and the invocation of national spirit, but have also assimilated and recycled this discourse, notably in relation to China. Although contemporary artists have largely rejected explicitly mimetic devices and instead adopted the idea that they must do what has never been done before, they have never espoused a purely subjective attitude to creativity. This manifests itself through a taste for anything within physical matter that cannot be sublimated, like earth or bones.

The study of four seminally important works taken from Japanese modern and contemporary arts, like Kurosawa Akira’s Ikiru and Miyazaki Hayao’s Spirited Away, tends to show (in a way that we would like to be collaborative and experimental) how major Japanese artists of the 20th century have combined the notions of creation and imitation, and how these alternative approaches, which oppose heroic and desocializing visions of the author, can provide a way to accept, as much as possible, death within life.

Table des matières

Avertissement
Avant-propos
  1. Le Japon singe
  2. L’Occident et l’invention de la création
  3. Déni, rejet et sublimation de l’imitation
  4. Chasse gardée
  5. Vu du Japon
  6. La logique du reflet chez Nakai Masakazu/li>
  7. Les Portraits de Reiko de Kishida Ryūsei, ou comment les fantômes sont à l’œuvre
  8. Vivre de Kurosawa Akira, ou de l’impossibilité de la métaphore
  9. Voyage sentimental – Voyage d’hiver d’Araki Nobuyoshi ou le reflux des os

Conclusion
Bibliographie

Licence
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